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Compte-rendu de la réunion écologie et agriculture

Compte-rendu de la réunion écologie et agriculture Posted on 3 décembre 2019Laissez un commentaire

Sobriété, filières écologiques, transports doux ou en communs, régies publiques, place de la nature… la réponse à l’urgence écologique passe par un changement politique et culturel profond. C’est le sens de notre démarche collective: agissons nous-mêmes, une part des solutions est locale et à notre portée !

Suite à un tour de table de présentation des participants, nous avons évoqué chacun son tour un aspect saillant de notre lien personnel à l’écologie sur le territoire.


Un premier citoyen s’est plaint de la pollution de l’air qui atteint sa santé et son bien-être (asthme, allergie). Il souhaiterait que le trafic automobile décroisse et se déplace lui-même quasiment qu’à vélo. Il faudrait une politique incitative à la pratique du vélo, qui est de plus, économique. Des pistes sont évoquées, et il s’agit surtout d’écouter nos concitoyens pour trouver des solutions ensemble.

Un autre citoyen précise que Chelles a une circulation automobile en croix. À la suite, il évoque la problématique des emplois et du développement économique : quel développement économique souhaitons-nous à l’heure de la crise écologique ? Le critère de relocalisation est largement soulevé que ce soit pour les déplacements domicile-travail que pour les déplacements de biens et marchandises.

Le tour de table continue et la vieille industrie du gypse est évoquée comme potentiel de reconversion et de développement d’une filière écologique d’isolants pour bâtiments. De plus, une partie des terres agricoles pourraient produire du chanvre, du lin… matériaux écologiques et bases de nombreuses solutions de remplacement des matériaux polluants, lointains, dont on ne sait que faire et qui terminent en déchet non bio-dégradables.

Ces propositions globales et pourtant locales amènent une citoyenne à penser qu’il faudra travailler l’écologie dans toute sa globalité : aspects économiques, mais aussi culturels, d’insertion sociale… pour faire société autour d’un projet commun.

Face à l’urgence écologique, un citoyen insiste sur la nécessaire sobriété (énergétique mais pas que!) et les circuits courts : il nous faut bâtir une société résiliente face aux chocs à venir. C’est cela, être responsable politiquement aujourd’hui. Il faut protéger les habitants, les circuits courts, les emplois locaux…

Une citoyenne sensibilisée aux conséquences de nos déchets propose la mise en place d’une politique du compostage. Des solutions pertinentes et efficaces existent : lombricomposteurs, composteurs de quartier, etc. Un débat s’ouvre sur les solutions possibles et les bénéfices à en tirer ! Terreau pour chacun, pour faire pousser des plantes, des légumes, voire filière locale de compost pour aider les maraîchers locaux à produire pour les AMAP et les cantines. Les solutions existent.
Le débat continue sur la nécessité, pour sortir de la société de consommation et donc du tout jetable, de développer un lieu et un tissu associatif d’apprentissage et de savoirs-faire perdus (DIY). Réparer, recycler, faire soi-même, apprendre et créer du lien social : ce serait extrêmement positif pour nos budgets, pour notre bonheur et pour notre ville.

Un citoyen d’Emerainville intéressé par notre démarche appuie l’idée d’un travail programmatique à l’échelle de l’agglomération. L’agglomération a mis en place un petit service de location en autopartage électrique. Mais il souligne qu’il y a bien trop peu de voitures à disposition ! Tout en précisant que la voiture électrique a des défauts et limites écologiques, nous convenons qu’il paraît nécessaire d’offrir rapidement des services de déplacements propres en automobile individuelle. Nous regrettons que cette solution ait été mise en place par une délégation de service public (donc une société privée gère le parc automobile) et surtout que les abonnements poussent à la consommation de ce transport par des tarifs dégressifs. Ne serait-ce pas plutôt une incitation au changement, à la sobriété et au partage qu’il faudrait mettre en place ?

Sur les délégations de services publics au privé, un citoyen rebondit en demandant que la distribution de l’eau soit confiée à une régie publique. Pourquoi une société privée ferait-elle des bénéfices en utilisant un bien commun ? Le seul moyen de réduire le gaspillage et préserver l’eau est de s’en occuper soi-même par une régie.

On évoque ensuite le lien économie écologie et social : il y a 200 hectares de terres agricoles sur la commune. 7/8 hectares sont bio, le reste est céréalier et intensif principalement. Il faut construire une filière (coopérative) bio créatrice d’emplois de la terre à l’assiette de la cantine dans un premier temps puis pour la transformation des productions agricoles. Un citoyen propose aussi une filière bio-masse de pair avec des économies drastiques d’énergies. Nous pourrions nous inspirer du système d’AMAP qui sécurise les agriculteurs.

Les échanges portent alors sur le chauffage, grosse dépense des ménages en constante augmentation : de plus en plus de français s’en privent partiellement. Un citoyen présent qui habite en maison nous apprend ne payer que 500 euros par an grâce au thermo-poêle avec du pelé et qu’un installateur existe à Chelles. Bien que la priorité soit l’isolation et la bonne circulation de l’air, développer cette méthode de chauffage peut être une piste.

Un autre citoyen nous met en garde : les aides et subventions publiques ne doivent pas être une trappe à effet d’aubaine. Il est important de mettre en place un espace info énergie pour bien conseiller les habitants avec une information indépendante. Nous pourrions mettre en place un espace commercial non intéressé sous forme d’une coopérative d’intérêt collectif, ainsi qu’une maison de l’habitat écologique qui a été malheureusement fermée en 2015.

Une citoyenne nous rejoint et s’exprime sur sa vision de l’écologie en lien avec la sécurité : c’est aussi un bien-vivre dans sa ville. Les lumières ne sont pas écologiques, elles n’éclairent pas toujours bien les trottoirs, elles sont parfois trop fortes, et parfois manquent leur objectif. Il faut retravailler sur la base d’une cartographie de l’éclairage public. Il faut aussi trouver le juste milieu entre sécurité pour les humains et obscurité absolument nécessaire à toute la faune nocturne.

Et à propos de biodiversité, un citoyen renchérit en évoquant le peu d’arbres sur les trottoirs de Chelles. Ils sont nécessaires pour la biodiversité, ils capturent le CO2 et nous protègent du vent, du soleil et des chaleurs caniculaires. Ils peuvent nous apporter de la nourriture entre autre choses.

Une citoyenne soulève les difficultés rencontrés en vélo à Chelles. Il faut développer les pistes cyclables et tout un écosystème vélo (équipements, signalisations, associations, permis vélos, etc.) qui permette l’utilisation aisée, sécurisée et pratique du vélo. Son tour de parole continue par son refus du gaspillage alimentaire (commerçants, restaurateurs, Amap…)il faudrait mettre en place un circuit d’invendus et des partenariats, des filières de flux pour qu’écologie rime avec social. Nous pourrions penser un système de contractualisation entre le projet personnel du bénéficiaire et un tarif adapté de l’épicerie sociale, ajoute un citoyen.

Une citoyenne ajoute pêle-mêle que le recyclage devrait être mis en place par la collectivité pour les professionnels aussi. Que les enseignes sont encore allumées la nuit malgré la loi, que l’on devrait développer les composteurs de quartier et la géothermie pour le chauffage.

Cela amène un autre citoyen à demander que l’on s’occupe en priorité des passoires thermiques, en tenant compte de critères précis pour être efficaces et dans un autre domaine, qu’on prenne garde au devenir des exploitations agricoles lorsque les paysans partent en retraite.

Une citoyenne met en garde : notre idée de promouvoir les poules peut amener des nuisances. Message bien reçu, notre programme n’est pas figé et c’est l’intelligence collective qui permet de trouver les meilleures solutions.

Nous terminons par deux mots sur la nature : nous aimerions valoriser les feuilles qui tombent en hiver. Ce n’est pas un déchet mais une richesse de la nature si l’on est inventif. À propos de la nature, le dernier citoyen à s’exprimer souligne qu’il faut d’urgence prendre soin de la biodiversité qui s’écroule et offrir à la nature des terrains sauvages pour se régénérer. Nous devons limiter notre empreinte et ne pas prendre toute la place sur Terre, à Chelles comme partout.

Le collectif clos la séance et appelle les citoyens à venir à la prochaine plénière du mardi 3 décembre et surtout à l’événement de campagne « FAIRE LISTE ENSEMBLE » du 12 décembre.

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