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Vers la gratuité des cantines scolaires ?

Vers la gratuité des cantines scolaires ? Posted on 30 septembre 2019Laissez un commentaire

Parmi les divers objectifs que pourrait se fixer une liste citoyenne « Chelles 2020 », il en est un qui mérite tout particulièrement notre attention : la gratuité des cantines scolaires.

Au-delà d’une simple mesure de justice et d’équité sociale – permettant à des centaines d’enfants issus de familles à faibles revenus d’accéder enfin à ce service vital pour leur équilibre et leur croissance -, l’instauration (totale, partielle ou progressive) d’une telle mesure de gratuité participerait en fait dans le même temps d’une véritable éducation à l’alimentation : Apprendre à lire et à compter est assurément indispensable, apprendre à bien se nourrir est tout aussi important – à l’heure de la « mal-bouffe » (notamment pour les milieux les plus contraints sur le plan financier : l’accès aux produits « bio » restant le plus souvent réservé aux ménages les plus aisés).

Et, de la même façon que l’école publique reste obligatoire et normalement gratuite, cette éducation à une saine alimentation constituerait donc un nouveau droit pour l’enfant, conciliant gratuité et qualité.

Car, assurant l’équilibre nutritionnel (au moins sur les jours d’école) à nos enfants et petits-enfants, ce programme pourrait développer une vraie formation au goût, à la connaissance des cultures culinaires, au mode de production des denrées alimentaires – souvent d’origine agricole – en s’appuyant notamment sur les ressources et les réseaux locaux et en favorisant les circuits courts.

On comprendra également qu’il s’agirait, au travers de cette mesure, de sortir – en commençant par la restauration collective – le droit à l’alimentation (consacré dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, au même titre que l’accès à l’eau comme aux produits de première nécessité…) de la marchandisation et des lois du marché.

Mais l’on se posera bien sûr la question : Une telle mesure de gratuité des cantines serait-elle économiquement soutenable ? Il faut savoir qu’un pays comme la Suède par exemple l’a mis concrètement en pratique depuis 12 ans déjà..! Ou encore qu’au Kenya, 1,3 million d’enfants y ont désormais accès et sont sortis de la faim…

Combien coûterait l’application d’une telle mesure à Chelles ? Entre 200 et 350.000 euros par an à la commune (soit 0,5 % du budget communal) – selon les dispositifs mis en place (gratuité totale sur les premières tranches de quotient familial, ou gratuité progressive). Et pour autant que l’on ne touche rien au contrat qui lie actuellement la Ville à son délégataire (à savoir la société privée Elior, 4ème groupe mondial en matière de restauration collective) ?

Mais l’on pourrait alors légitimement se poser la question d’une renégociation de cette délégation de service public, afin d’impliquer le délégataire dans la mise en œuvre de ce programme à haute valeur sociale, humaine et éducative. Rappelons que le groupe Elior a enregistré un bénéfice de 34 millions d’euros en 2018 (117 millions en 2017) pour un chiffre d’affaire de 6,7 milliards d’euros – et tandis que la seule Ville de Chelles lui verse déjà annuellement une redevance de plus de deux millions d’euros pour compenser les tarifs sociaux !

La mondialisation capitaliste s’est donc d’ores et déjà bien installée dans nos assiettes, il serait grand temps d’en sortir pour le bien de tous, pour la survie de notre agriculture et de la planète.

Serge Goutmann

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